Sauvegardes (3-2-1)
Unité d'apprentissage. Moule : ① concept → ② Set-OPS → ③ transférable → ④ à toi de jouer.
① Le concept (générique)
Sauvegarder quoi ? Pas forcément « tout ». Si ton infra est reconstructible (par du code), les machines ne sont pas précieuses — c'est la donnée d'état (non régénérable) qui l'est.
La règle 3-2-1 : 3 copies, sur 2 supports, dont 1 hors-site. Une seule copie n'est pas une sauvegarde.
Logique vs image : logique = un export applicatif cohérent (pg_dump, slapcat) ; image =
une copie brute du disque/VM. La logique est fine et portable ; l'image est grosse et rapide à
restaurer.
La vérité qui fait mal : une sauvegarde jamais restaurée n'existe pas. La restauration testée est le seul critère. « Ça a tourné » ≠ « ça restaure ».
Trois propriétés d'une bonne sauvegarde : chiffrée (au repos), dédupliquée (économe), avec rétention (garder N jours/semaines, purger le reste).
② Comment Set-OPS le fait
Choix fondateur : sauvegarder la donnée (l'infra est reconstructible par le code + le template), pas les VM.
| Pièce | Rôle |
|---|---|
| restic | l'outil : chiffrement côté client, déduplication, rétention. |
serveur_backup |
la cible hors-nœud (un dépôt restic par nœud) — depuis le 2026-09-01, chez l'hébergeur (site-backup-01), un compte Unix par écosystème. |
client_backup |
intégration par nœud : jobs déclaratifs (dump + chemins), timer quotidien, rétention — et, depuis le 2026-09-02, vérification de son propre dépôt distant. |
Qui vérifie a changé. Le dépôt était le seul à voir ce qui arrivait vraiment : un nœud sait qu'il a lancé sa sauvegarde, pas qu'elle a abouti. C'était juste tant que le dépôt vivait dans l'écosystème. Depuis que les écosystèmes déposent chez leur hébergeur — qui héberge du chiffré côté client et ne peut rien juger — la vérification revient au seul qui détient la clé : le nœud lui-même. Il interroge son dépôt distant, et non le fait d'avoir lancé un timer. Une unité verte sur un dépôt vide est exactement ce qui a menti pendant un mois.
Ce qu'on protège, par tiers :
- Tier 0 (vital) : les clés de la CA step-ca (
/etc/step-ca) — l'ancre de confiance, irremplaçable. - Tier 1 (critique) : bases PostgreSQL (
pg_dumpall), annuaire LDAP (slapcat), boîtes/var/vmail, dépôts Forgejo.
Prouvé, pas supposé : chaque tier a été restauré et vérifié (clés CA byte-identiques, les 3
bases PostgreSQL présentes, testmail retrouvé dans l'export LDAP).
③ Pourquoi c'est transférable
| Set-OPS | Équivalents ailleurs |
|---|---|
| restic | BorgBackup · Restic partout · Duplicity |
| dépôt hors-nœud | NFS · S3/MinIO · un NAS · un cloud souverain |
| 3-2-1, restauration testée | principes universels — vrais pour Veeam, tar+cron, ou un cloud |
Tu as appris quoi sauvegarder, la règle 3-2-1, logique vs image, et surtout restaurer-pour-prouver — pas « restic ». Ça vaut pour n'importe quel outil.
④ À toi de jouer
- Lance une sauvegarde. Sur un nœud avec
client_backup:/usr/local/sbin/setops-sauvegarder.sh - Liste les instantanés (le dépôt vit hors-nœud, et hors de l'écosystème) :
Le même dépôt est interrogé chaque nuit par# NE PAS RECOPIER UNE ADRESSE ICI : la cible est une valeur du plan, et elle a # deja change. Le noeud la porte deja, gravee dans son propre script. eval "$(grep -E '^export RESTIC_' /usr/local/sbin/setops-sauvegarder.sh)" restic snapshotssetops-verifier-mon-depot.sh, qui rapporte à Icinga : c'est le nœud, seul détenteur de la clé, qui juge. - Restaure — le vrai test. Restaure dans un dossier temporaire et compare :
(sur infra-pki-01 ; ailleurs, compare le dump correspondant.)restic restore latest --target /tmp/rst diff -r /etc/step-ca /tmp/rst/etc/step-ca && echo "RESTAURATION FIDÈLE" - Casse & répare. Supprime un fichier de donnée (une copie de test !), restaure-le depuis l'instantané, vérifie qu'il est identique. Tu viens de sentir que la valeur d'une sauvegarde est la restauration, pas la sauvegarde.
Pour aller plus loin (dépôt)
- Rôles :
roles/serveur_backup,roles/client_backup. - Philosophie « donnée, pas VM » + les tiers : voir le CHANGELOG (entrée sauvegardes) et les jobs en host_vars.
- Le 1 hors-site de la règle 3-2-1 :
make depot-hors-site VERS=<répertoire>(playbooks/maintenance/depot-hors-site.yml). Il emporte le dépôt du site — celui de l'hébergeur et ceux des locataires, puisque c'est l'hébergeur qui a pris cette promesse. La copie est opaque, et l'empreinte est prise à la source puis recalculée sur la copie : sans cela on rentre chez soi avec un répertoire, pas avec une sauvegarde. Manœuvre exécutée le 2026-09-05 — 233 fichiers, 95,7 Mo, empreintes identiques une à une.
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