7 Le GUI console d exploitation
Daniel Allaire edited this page 2026-09-21 10:33:53 -04:00
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Le GUI (console d'exploitation)

Unité d'apprentissage. Moule : ① concept → ② Set-OPS → ③ transférable → ④ à toi de jouer.


① Le concept (générique)

Un moteur d'infrastructure a besoin d'une interface humaine — sinon il n'est utilisable que par son auteur (ou une IA). Le principe fondateur : un opérateur doit tout piloter seul, sans l'auteur et sans IA (« exploitable sans IA »).

Une bonne console d'exploitation obéit à trois règles :

  • Elle édite la SOURCE, pas l'artefact. On modifie le plan (l'état voulu), jamais l'inventaire généré. La console montre la vérité, elle ne la contourne pas.
  • Elle prévisualise avant d'agir. dry-run (voir ce qui changerait) avant apply (changer).
  • Elle empêche l'invalide. Le meilleur garde-fou n'est pas un message d'erreur : c'est une interface où l'erreur est impossible à saisir.

② Comment Set-OPS le fait

make inventaire-ui lance une console web locale (127.0.0.1, protégée par un jeton). Ses vues :

Vues éditables (le plan) Vues dérivées (lecture seule)
Serveurs · Intégrations · Applications · Bases · Domaines · Nomenclature · Intrants Flux · Couches · Réseau (flotte + devis)

Le flux d'exploitation, de bout en bout :

  1. Éditer une vue du plan → Sauvegarder ;
  2. « Appliquer le plan » → régénère l'inventaire (VMID/IP/VLAN dérivés) ;
  3. Vérifier (dry-run) sur un hôte → prévisualise sans rien changer ;
  4. Déployer → applique les rôles (confirmation renforcée si l'instance est en PROD) ;
  5. Créer la VM → clone sur Proxmox depuis le plan.

L'erreur rendue impossible. Le champ « Hôte » d'une application est un <select> qui ne propose que des hôtes réels : impossible de pointer vers un hôte fantôme. La console couvre le schéma du plan — et la preuve P19 le vérifie.

Les formulaires sont GÉNÉRÉS. Depuis le 2026-09-08, les six registres — serveurs, applications, bases de données, serveurs de BD, domaines et nomenclature — ne portent plus de formulaire écrit à la main : ils le construisent depuis docs/audit/schema-plan.json, lui-même dérivé des constantes du moteur (make schema). Un champ ajouté au plan apparaît donc à l'écran sans qu'on touche à l'interface — et il arrive au fichier, parce que la sauvegarde dérive du même schéma. Ouvrir une vue et enregistrer sans rien toucher renvoie exactement le plan qu'on vient de lire ; c'est mesuré à chaque make prouver.

Deux champs gardent volontairement leur propre éditeur, et le schéma le déclare : la matrice des intégrations (elle montre aussi les universelles, non décochables, et les exemptions) et l'éditeur de liens (il contraint le rôle à ce que meta/liens.yml accepte). Le générateur s'efface plutôt que de remplacer un éditeur qui en sait plus que lui.

Deux preuves tiennent le schéma : P61 refuse qu'un champ des plans réels manque au schéma, ou que le schéma décrive une forme que les plans n'ont pas ; P62 refuse qu'un champ accepté par les validateurs du moteur manque au schéma — sans quoi le formulaire ne saurait pas offrir une fonctionnalité que Set-OPS possède déjà.

Sauvegarder n'efface plus les commentaires du plan. Les registres portent la mémoire écrite des décisions — pourquoi backup-01 a été retiré, dans quel ordre les rôles du runner s'appliquent. Jusqu'au 2026-09-08, chaque « Sauvegarder » en détruisait quarante lignes. Les quatre écrivains passent désormais par une fusion ligne à ligne : un aller-retour sans modification laisse le fichier identique à l'octet.

La flotte, dans la vue Réseau. Voir toutes les instances, basculer (« Activer »), créer une instance depuis un modèle, repérer une collision d'index. Cf. Multi-instance & fédération.

Les vues, annotées

Chaque figure porte ses repères (pastilles + légende). Les vues éditables d'abord (le plan), puis les vues dérivées (lecture seule) :

Serveurs (éditable) — inventaire actif et état de la flotte ; cartes serveur et tuiles VMID/IP/VLAN dérivées du seed ; formulaire Identité = le seul endroit où l'on édite le plan.

Vue Serveurs, annotée

Nomenclature (éditable) — le modèle dont tout l'adressage dérive : zones de sécurité, fonctions (catégorie · service), réservations. Chaque fonction montre ce qu'elle dérive — zone, VLAN, sous-réseau, bloc d'hôtes — et les VM qui la portent ; on ne retire pas une fonction encore portée. L'index y est affiché mais pas éditable : il est alloué par le site, pas décidé par le tenant (cf. l'en-tête de plan/nomenclature.yml), et s'édite depuis le panneau Intrants.

Applications (éditable) — catalogue des applis, éditeur (rôle · hôte · port · FQDN exposé), relations déclaratives (requiert · liens · bases), dépendances causales.

Vue Applications, annotée

Bases — serveur (éditable) — les moteurs SGBD et les bases applicatives « nom @ serveur », avec les bases hébergées sur chaque serveur.

Vue Bases (serveur BD), annotée

Bases — fiche (éditable) — portée · consommateur · serveur, secret Vault (jamais en clair, un pointeur seulement) et le DSN dérivé (secret masqué).

Vue Bases (fiche de base), annotée

Domaines (éditable) — zones DNS publique vs interne, autorité · edge · DNSSEC, expositions.

Vue Domaines, annotée

Intégrations (éditable) — la matrice serveurs × intégrations. Les colonnes ✓ vertes sont la politique des rôles : elles s'appliquent à tout hôte et ne se décochent pas ; un — barré signale une exemption dérivée du service rendu (l'AC ne s'enrôle pas auprès d'elle-même). Les autres colonnes sont de vrais choix, cochables ici. La ligne couverture ne juge pas — elle rend le motif visible : c'est au lecteur de savoir si les manquants sont des décisions ou des oublis.

Cette vue existe parce que la fiche de détail ne montrait les intégrations que d'un serveur à la fois. Deux serveurs sans supervision ni journaux sont restés invisibles jusqu'à ce qu'un devis de pare-feu les énumère : l'information était à l'écran, répartie sur quatorze clics.

Flux (dérivée) — la matrice d'audit : la source de nftables et la justification lisible de chaque flux (sens ingress/egress, chiffrement).

Vue Flux, annotée

Couches (dérivée) — l'ordre de déploiement en 6 couches, du socle aux agents ; celui que make deployer-tout déroule.

Vue Couches, annotée

Réseau (dérivée) — la flotte multi-instances : adressage dérivé du seed, bascule d'instance, devis de configuration des switches.

Vue Réseau, annotée

Chaque figure est un SVG auto-contenu (la capture y est intégrée) : un seul fichier portable qui rend tel quel dans le wiki, un .md du dépôt, ou un navigateur.


La vue Assistants — l'ordre des gestes, pas seulement les gestes

Les huit autres vues éditent le plan. Celle-ci conduit des gestes, et elle répond à un trou précis : le Makefile porte 132 cibles documentées qui disent chacune ce qu'elle fait, et aucune ne dit dans quel ordre. Un exploitant devant un site neuf n'avait aucun moyen d'apprendre, depuis la console, que site-creer précède forge-amorcer, que le premier passage s'arrête sur une forge vide, ni que rien n'est « prêt » avant valider. Cette connaissance vivait en prose dans les documents ; la console offrait des boutons sans séquence.

Dix-sept assistants, 126 étapes, et la totalité des 132 cibles. Chaque cible documentée est soit portée par un assistant, soit exemptée avec son motif — et P83 refuse qu'une cible échappe aux deux. Sans cette garde, la console cacherait un pouvoir que le moteur possède.

Le registre ne recopie pas le Makefile. docs/runbooks-construction.yml déclare seulement ce que le Makefile ne peut pas porter : l'ordre, la nature du geste, la portée et le pourquoi. Le libellé de chaque étape est lu dans le Makefile au moment de servir. Une cible renommée se voit donc immédiatement, elle ne s'invente pas — c'est la règle « une liste qui suit une autre prend du retard », et la garde est écrite en même temps que la liste.

Trois natures, trois comportements :

Nature Ce que la console fait
mesure n'écrit rien ; toujours offerte, même après un échec — mesurer pour comprendre est exactement ce qu'on fait ensuite
écriture exige que l'étape précédente non facultative ait réussi ; sinon on bâtit sur un terrain non vérifié
destructif exige d'écrire DETRUIRE, en plus du CONFIRMER=true que la cible réclame déjà

Le navigateur ne nomme pas une commande, il nomme une place. /api/runbook-etape ne lance jamais « la cible que la page demande » : il lance ce que le registre déclare à cet index-là, avec les seules variables déclarées. Une page compromise — ou simplement périmée — ne peut donc pas réclamer raser depuis un assistant de mesure. L'index compte : « Le premier jour d'un site » lance site-deployer-tout deux fois, et les deux places n'ont pas le même sens.

La portée décide, et elle se dérive. Un assistant de site exige materialiser, un assistant de locataire configurer, un assistant de poste les deux. Un assistant hors de portée reste visible et lisible : savoir que le geste existe, et chez qui il se fait, fait partie du métier. Ce qui est refusé, c'est de le lancer — et le refus dit sa raison.


③ Pourquoi c'est transférable

Set-OPS Équivalents ailleurs
GUI au-dessus d'Ansible AWX / Ansible Automation Platform, Semaphore
éditer la source de vérité l'UI de NetBox (IPAM/DCIM), une CMDB
dry-run → apply terraform plan/apply, tout panneau IaC
l'invalide impossible à saisir validation à la source, formulaires contraints

Tu as appris la console d'exploitation, éditer-la-source, dry-run-avant-apply, la validation à la saisie — pas « le GUI de Set-OPS ».


④ À toi de jouer

  1. Lance-la. make inventaire-ui, ouvre l'URL affichée. Repère l'inventaire actif et l'état de la flotte (en haut), les onglets, « Appliquer le plan », « Sauvegarder ».
  2. Édite → prévisualise. Vue Serveurs, change la mémoire d'un hôte, Sauvegarder, Appliquer le plan, puis Vérifier (dry-run) : tu vois ce qui changerait avant d'agir.
  3. Répare un hôte fantôme (l'erreur impossible). Si une appli pointe un hôte inexistant, ouvre la vue Applications, sélectionne-la : le <select> « Hôte » ne montre que des hôtes réels. Choisis le bon, Sauvegarder, Appliquer. Tu ne peux pas re-saisir le fantôme.
  4. Bascule d'instance. Vue Réseau, bouton « Activer » sur une autre instance. Toutes les vues suivent, sans redémarrer.
  5. Sens le garde-fou. Essaie de sauvegarder un plan incohérent (ex. une base dont le consommateur n'existe pas) : la console refuse avec une raison. L'invalide ne passe pas.
  6. Casse & répare. Édite hosts.yml à la main, reviens dans la GUI, « Appliquer le plan » : ta modification est écrasée par le plan. La source de vérité, c'est le plan — pas l'inventaire.

Pour aller plus loin (dépôt)

  • Lancer : make inventaire-ui ; le code : scripts/inventory_gui.py.
  • Ce que le GUI sait écrire (et la preuve) : scripts/couverture_gui.py (P19).
  • Les assistants : docs/runbooks-construction.yml, lus par scripts/runbooks.py (P83). Vérifier le registre sans lancer la console : python3 scripts/runbooks.py verifier, et le lire en texte : python3 scripts/runbooks.py lister.
  • Le flux plan → apply : unité Infra as Code & idempotence.
  • La flotte : unité Multi-instance & fédération.