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Procédure manuelle — VM Debian 13 prête à convertir en template Proxmox
Objet du document
Ce document décrit le travail manuel à effectuer pour créer une VM Debian 13 propre dans Proxmox, jusqu’au moment où elle est prête à être convertie en modèle/template.
Le résultat attendu est une VM minimale, sobre, clonable, compatible avec cloud-init, prête à être prise en charge par Ansible et par le dépôt Set-OPS.
Ce document s’arrête juste avant la conversion finale en template Proxmox.
1. Objectif du modèle
Le modèle Debian 13 doit servir de base commune pour les futurs serveurs de Chezlepro Inc.
Objectifs :
- système Debian 13 minimal ;
- aucun environnement graphique ;
- SSH actif ;
- compte technique
ansibledisponible ; ansibleautorisé à utiliser sudo sans mot de passe ;qemu-guest-agentinstallé ;cloud-initinstallé ;- partitionnement simple et agrandissable ;
- aucune partition swap bloquant la croissance du disque ;
- aucune donnée propre à une VM finale ;
- aucune clé privée ;
- aucun secret ;
- prêt à être converti en template Proxmox.
2. Création de la VM dans Proxmox
Paramètres généraux
Créer une nouvelle VM dans Proxmox avec des paramètres sobres.
Exemple :
Nom de la VM : debian13-template
VMID : 9000 ou autre ID réservé aux modèles
OS : Debian 13
BIOS : OVMF / UEFI
Machine : q35
Disque EFI Proxmox
Avec OVMF/UEFI, Proxmox crée un petit disque EFI, par exemple :
efidisk0 : 4 Mo
Ce disque ne remplace pas la partition EFI de Debian.
Il sert à conserver les variables du firmware UEFI virtuel :
- ordre de démarrage ;
- entrées de boot ;
- variables UEFI ;
- paramètres liés à Secure Boot, si utilisé.
Il faut le garder.
3. Disque virtuel principal
Type de disque
Pour une VM Linux moderne :
Bus/Device : SCSI
SCSI Controller : VirtIO SCSI single
IO thread : activé si disponible
Cache : Default / No cache
Discard : selon stockage, seulement si pertinent
SSD emulation : oui si le stockage est réellement SSD/NVMe
Même si le stockage réel est sur TrueNAS iSCSI, le disque présenté à la VM doit rester :
SCSI via VirtIO SCSI single
Le choix SCSI ici concerne le bus virtuel vu par la VM, pas le protocole réel entre Proxmox et TrueNAS.
Taille du disque
Pour le modèle de base :
Disque : 16 Go
C’est suffisant pour une base Debian minimale.
Des clones pourront ensuite être agrandis avant le premier démarrage cloud-init.
4. Processeur
Pour un modèle portable entre plusieurs hôtes Proxmox :
CPU Type : x86-64-v2-AES
Sockets : 1
Cores : 2
Éviter host pour un modèle générique, sauf si tous les nœuds Proxmox sont strictement homogènes et que la portabilité n’est pas une priorité.
5. Mémoire
Pour le modèle Debian 13 minimal :
Mémoire : 2048 MiB
Le ballooning peut être activé, mais si la VM n’a pas de swap, éviter de descendre trop bas.
Réglage prudent :
RAM max : 2048 MiB
RAM minimum : 1536 MiB ou 2048 MiB
Pour un modèle simple, il est acceptable de laisser 2048 MiB fixe.
6. Carte graphique virtuelle
Pour un serveur Debian minimal :
Display : Default / Standard VGA
Ne pas installer d’environnement graphique.
SPICE et VirtIO-GPU ne sont pas nécessaires pour un modèle serveur administré par SSH et Ansible.
7. Installation Debian 13
Démarrer la VM sur l’ISO Debian 13.
L’option Graphical install est acceptable : elle ne signifie pas qu’un environnement graphique sera installé. Elle ne concerne que l’interface de l’installateur.
8. Partitionnement
Objectif
Le disque doit rester facile à agrandir après clonage.
Ne pas créer de partition swap à la fin du disque, car cela bloquerait l’agrandissement direct de la partition racine avec growpart.
Partitionnement recommandé
Utiliser un partitionnement manuel :
/dev/sda1 EFI System Partition 512 Mo FAT32 /boot/efi
/dev/sda2 Linux root reste ext4 /
Ne pas créer :
partition swap
LVM
/home séparé
/var séparé
Pourquoi éviter LVM dans le modèle
Le stockage réel contient déjà plusieurs couches :
TrueNAS ZFS
→ zvol iSCSI
→ Proxmox
→ disque virtuel
→ Debian
Ajouter LVM dans la VM complique le modèle sans bénéfice clair pour une base minimale.
Pourquoi éviter la partition swap
Un exemple à éviter :
/dev/sda1 EFI
/dev/sda2 /
/dev/sda3 swap
Si le disque est agrandi plus tard, l’espace libre sera après la swap. La partition / ne sera donc plus la dernière partition, ce qui complique ou empêche l’usage direct de :
growpart /dev/sda 2
resize2fs /dev/sda2
Swap
Pour le modèle :
Swap : aucun
L’avertissement de Debian au sujet de l’absence de swap peut être ignoré.
Si un clone a besoin de swap plus tard, utiliser plutôt :
- un swapfile ;
- ou un deuxième disque virtuel dédié au swap.
Exemple de swapfile futur :
sudo fallocate -l 1G /swapfile
sudo chmod 600 /swapfile
sudo mkswap /swapfile
sudo swapon /swapfile
echo '/swapfile none swap sw 0 0' | sudo tee -a /etc/fstab
9. Choix du noyau Debian
Si l’installateur demande quel noyau installer, choisir :
linux-image-amd64
Ne pas choisir une version fixe du noyau sauf besoin très particulier.
Le méta-paquet linux-image-amd64 suivra les mises à jour normales de Debian.
10. Image initrd
Si l’installateur demande le type d’image initrd, choisir :
image générique : comporte tous les pilotes disponibles
C’est le meilleur choix pour un modèle Proxmox, car la VM doit rester portable même si certains paramètres virtuels changent plus tard.
11. Sélection des logiciels Debian
Dans l’écran de sélection des logiciels, cocher seulement :
[x] serveur SSH
[x] utilitaires usuels du système
Laisser décoché :
[ ] environnement de bureau Debian
[ ] GNOME
[ ] KDE Plasma
[ ] XFCE
[ ] LXDE
[ ] LXQt
[ ] MATE
[ ] serveur web
[ ] serveur d’impression
Le serveur web, les rôles applicatifs et les services métier seront installés plus tard par Ansible.
12. Premier démarrage après installation
Après l’installation, démarrer la VM et se connecter en console ou par SSH.
Passer root :
su -
ou, si sudo est déjà disponible :
sudo -i
13. Mise à jour du système
Exécuter :
apt update
apt full-upgrade -y
14. Paquets de base
Installer les paquets nécessaires au modèle :
apt install -y \
sudo \
qemu-guest-agent \
cloud-init \
cloud-guest-utils \
curl \
wget \
ca-certificates \
gnupg \
vim \
nano \
bash-completion \
htop \
lsof \
ncdu \
tree \
net-tools \
iproute2 \
dnsutils \
chrony
Rôle des paquets principaux :
sudo : délégation administrative
qemu-guest-agent : communication Proxmox ↔ VM
cloud-init : personnalisation au premier boot du clone
cloud-guest-utils : fournit notamment growpart
chrony : synchronisation du temps
15. Activation du QEMU Guest Agent
Activer le service :
systemctl enable --now qemu-guest-agent
Vérifier :
systemctl status qemu-guest-agent --no-pager
Dans Proxmox, activer aussi :
VM → Options → QEMU Guest Agent → Enabled
16. Configuration du compte ansible
Ajouter le compte au groupe sudo
usermod -aG sudo ansible
Autoriser sudo sans mot de passe
Créer le fichier dédié :
cat > /etc/sudoers.d/90-ansible <<'EOF'
ansible ALL=(ALL) NOPASSWD:ALL
EOF
Appliquer les permissions :
chmod 440 /etc/sudoers.d/90-ansible
Valider la syntaxe :
visudo -cf /etc/sudoers.d/90-ansible
Le résultat attendu est :
/etc/sudoers.d/90-ansible: parsed OK
Tester depuis le compte ansible :
sudo -n true && echo OK
Résultat attendu :
OK
17. SSH
État transitoire
Pendant la construction du modèle, l’authentification par mot de passe peut rester active :
PasswordAuthentication yes
C’est pratique tant que la clé SSH n’est pas encore injectée.
État cible
Quand l’accès par clé SSH est confirmé, l’état cible sera :
PermitRootLogin no
PubkeyAuthentication yes
PasswordAuthentication no
Ne pas désactiver le login par mot de passe avant d’avoir confirmé que l’accès par clé fonctionne.
Tester une connexion SSH par mot de passe
Depuis un poste d’administration :
ssh -o PreferredAuthentications=password -o PubkeyAuthentication=no ansible@IP_DE_LA_VM
18. Cloud-init dans Debian
Vérifier que cloud-init est installé :
cloud-init --version
Vérifier le service :
systemctl status cloud-init --no-pager
Cloud-init servira à appliquer, au premier démarrage d’un clone :
- hostname ;
- utilisateur initial ;
- clé SSH publique ;
- IP ;
- passerelle ;
- DNS ;
- agrandissement de la partition racine si le disque a été étendu.
Cloud-init ne doit pas remplacer Ansible pour les rôles serveur complexes.
Séparation recommandée :
cloud-init : identité initiale de la VM
Ansible : configuration réelle du serveur
19. Ajout du CloudInit Drive dans Proxmox
Éteindre la VM :
shutdown -h now
Dans Proxmox :
VM → Hardware → Add → CloudInit Drive
Ou en ligne de commande Proxmox :
qm set VMID --ide2 STORAGE:cloudinit
Exemple :
qm set 9000 --ide2 local-lvm:cloudinit
ou :
qm set 9000 --ide2 truenas-lvm:cloudinit
Le nom exact du stockage dépend de la configuration Proxmox.
20. Paramètres cloud-init dans Proxmox
Après ajout du CloudInit Drive, Proxmox permet de définir les paramètres cloud-init.
Exemple DHCP :
qm set 9000 --ciuser ansible
qm set 9000 --sshkeys ~/.ssh/id_ed25519.pub
qm set 9000 --ipconfig0 ip=dhcp
Exemple IP statique :
qm set 9000 --ciuser ansible
qm set 9000 --sshkeys ~/.ssh/id_ed25519.pub
qm set 9000 --ipconfig0 ip=192.168.11.150/24,gw=192.168.11.1
qm set 9000 --nameserver 192.168.11.1
Pour le modèle, éviter de lui donner une identité finale trop spécifique.
L’identité définitive doit plutôt être appliquée aux clones.
21. Vérifications avant nettoyage
Redémarrer la VM une dernière fois si nécessaire, puis vérifier :
lsblk
df -h
swapon --show
ip a
hostnamectl
timedatectl
systemctl status ssh --no-pager
systemctl status qemu-guest-agent --no-pager
cloud-init --version
État attendu :
/boot/efi présent
/ sur ext4
aucun swap actif
qemu-guest-agent actif
ssh actif
cloud-init installé
compte ansible fonctionnel
sudo NOPASSWD fonctionnel pour ansible
22. Nettoyage avant conversion en template
Avant de convertir la VM en modèle, nettoyer l’état propre à cette installation.
Exécuter dans la VM :
sudo cloud-init clean --logs
sudo apt clean
Nettoyer l’identifiant machine :
sudo truncate -s 0 /etc/machine-id
sudo rm -f /var/lib/dbus/machine-id
sudo ln -s /etc/machine-id /var/lib/dbus/machine-id
Optionnel : vider les journaux persistants si présents :
sudo journalctl --rotate
sudo journalctl --vacuum-time=1s
Optionnel : supprimer l’historique shell du compte courant :
history -c
Puis éteindre :
sudo shutdown -h now
23. Point d’arrêt : VM prête à convertir
À ce stade, la VM doit être arrêtée.
Elle est prête à être convertie en template Proxmox.
État attendu côté Proxmox :
VM arrêtée
BIOS OVMF / UEFI
Machine q35
EFI Disk présent
Disque principal SCSI / VirtIO SCSI single
CloudInit Drive présent
QEMU Guest Agent activé dans les options
CPU x86-64-v2-AES
RAM 2048 MiB
Aucun environnement graphique
État attendu côté Debian :
Debian 13 minimal
SSH installé
qemu-guest-agent installé
cloud-init installé
cloud-guest-utils installé
sudo installé
compte ansible présent
sudo NOPASSWD pour ansible
partition EFI 512 Mo
partition / ext4
aucune partition swap
aucun LVM
machine-id nettoyé
cloud-init nettoyé
apt cache nettoyé
VM éteinte
24. Conversion en template Proxmox
Cette commande n’est exécutée qu’après validation finale :
qm template VMID
Exemple :
qm template 9000
À partir de là, le modèle peut être cloné.
25. Flux normal après conversion
Après conversion du modèle :
1. Cloner le template.
2. Agrandir le disque si nécessaire.
3. Définir hostname, IP, DNS et clé SSH via cloud-init.
4. Démarrer la VM.
5. Laisser cloud-init appliquer l’identité initiale.
6. Se connecter en SSH.
7. Appliquer les rôles Ansible depuis Set-OPS.
Exemple :
qm clone 9000 101 --name web-01 --full true
qm resize 101 scsi0 32G
qm set 101 --ciuser ansible
qm set 101 --sshkeys ~/.ssh/id_ed25519.pub
qm set 101 --ipconfig0 ip=192.168.11.101/24,gw=192.168.11.1
qm set 101 --nameserver 192.168.11.1
qm start 101
Puis :
ssh ansible@192.168.11.101
Ensuite seulement :
ansible-playbook -i inventories/production/hosts.yml playbooks/baseline.yml
26. Résumé court
Le modèle idéal est simple :
Debian 13 minimal
UEFI / OVMF
q35
SCSI / VirtIO SCSI single
16 Go
2 Go RAM
2 cores
partition EFI 512 Mo
partition / ext4
pas de LVM
pas de swap
SSH
sudo
qemu-guest-agent
cloud-init
cloud-guest-utils
compte ansible
sudo NOPASSWD pour ansible
cloud-init clean
machine-id vidé
VM éteinte
La philosophie :
Proxmox crée la VM.
Cloud-init donne son identité au clone.
Ansible configure le vrai serveur.
Set-OPS documente et automatise l’ensemble.