La recette affirmait la réversibilité sans décrire le retour. Or il change de nature à la bascule, et le geste évident — repointer le DNS — devient faux à cet instant : les utilisateurs ont écrit chez l'entrant, et ces données n'existent nulle part ailleurs. Les perdre serait silencieux. Trois régimes écrits : avant le gel (sans conséquence), pendant le gel (dégeler), après la bascule (migration inverse, même outillage). Rendu explicite : le sortant reste gelé après la bascule, jusqu'à confirmation. Le dégeler « au cas où » créerait deux copies vivantes et plus aucune vérité ; en contrepartie il n'a pas divergé, donc le delta d'un retour reste à sens unique. Deux points de non-retour distingués : la bascule fait perdre le retour gratuit, la purge fait tout perdre. D'où l'exigence ajoutée : les critères de confirmation se fixent par écrit AVANT la première bascule. Corrigés : le rattrapage est à l'étape 5 (non 4) ; le chemin de vérification hors DNS public est un prérequis de l'étape 3 elle-même. Preuves : 24 OK, 0 échec. Co-Authored-By: Claude Opus 5 <noreply@anthropic.com>
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Migrer un tenant d'un hébergeur à un autre
Recette d'exploitation. Elle décrit la séquence, les états et les gardes ; elle ne décrit pas encore un outil, parce que la séquence doit être éprouvée avant d'être figée dans du code. Complète
docs/multi-instances.md(la fédération) etdocs/frontiere-opnsense.md§2 (qui possède quoi).
1. Pourquoi ce document existe
Un hébergeur possède le matériel et sert plusieurs tenants ; il a en général son propre tenant par défaut. Un tenant doit pouvoir partir chez un autre hébergeur — sans quoi la souveraineté qu'on lui promet n'est qu'un mot : une organisation qui ne peut pas partir est captive, quelle que soit la licence du logiciel.
La migration est donc une fonctionnalité de premier plan, pas un cas limite.
2. Le modèle : le transfert de nom de domaine
La procédure reprend celle des registraires, qui résout depuis trente ans exactement les mêmes problèmes. Trois propriétés valent d'être empruntées.
Le mandat appartient au client. Le code d'autorisation est remis au titulaire, qui le donne au registraire entrant. Transposé : ni l'hébergeur sortant ni l'entrant ne peut déplacer un tenant de sa propre initiative. Un hébergeur ne « cède » pas un client ; un autre ne le « réclame » pas.
Le verrou par défaut. Un domaine est verrouillé ; le déverrouiller est un geste explicite. Un tenant l'est aussi : pas de migration silencieuse.
Deux actes délibérés, chez deux parties, et une trace de qui a libéré et qui a reçu.
Là où l'analogie casse, et par quoi on la remplace
| Le monde des domaines | Set-OPS | Substitution |
|---|---|---|
| un registre central arbitre | rien de central, par construction | le mandat est signé par le tenant, vérifié contre une clé publique inscrite dans son plan — donc versionnée et publique |
| le domaine ne porte aucune donnée | boîtes, dépôts, bases | un gel + un instantané restic ; c'est là qu'est le vrai risque |
| fenêtre d'objection | — | fenêtre de réversibilité : le sortant ne détruit rien avant confirmation |
Un secret partagé ne suffirait pas : transmis à l'hébergeur entrant, il ne lui prouve rien — il pourrait venir du sortant. Une signature, si. C'est plus solide que l'original, et sans tiers de confiance.
3. La règle qui commande tout l'ordre
Le receveur doit être prouvé prêt avant que quoi que ce soit ne gèle.
Construire chez l'entrant pendant que le sortant sert normalement ramène l'interruption au seul rattrapage final. Geler d'abord et construire ensuite coûterait des heures d'arrêt pour une opération qui n'en vaut que quelques minutes.
Cette règle n'est pas un conseil : c'est une garde de transition — l'état gelé est
inaccessible tant que l'état préparé n'est pas prouvé.
4. Les états d'un tenant
| État | Ce qui est vrai | Comment on en sort |
|---|---|---|
| verrouillé | régime normal, aucune migration en cours | un mandat signé apparaît |
| mandaté | le tenant a signé ; l'entrant peut commencer | l'entrant a construit |
| préparé | l'entrant est déployé, restauré (données tièdes) et prouvé — mais pas public | garde : preuves vertes chez l'entrant |
| gelé | le sortant est en lecture seule ; capture du delta | delta restauré chez l'entrant |
| basculé | le DNS public pointe l'entrant, qui sert ; le sortant reste gelé | l'entrant confirme le service |
| libéré | le sortant a révoqué ses accès ; horloge de rétention lancée | fin de rétention |
| purgé | le sortant a détruit sa copie | — |
La réversibilité vit entre préparé et libéré : tant que le sortant n'a pas révoqué, on rentre. Elle vient gratuitement du fait que tout l'adressage dérive d'un seul chiffre.
5. La séquence
Étape 0 — le mandat (chez le tenant)
L'organisation signe une déclaration nommant l'hébergeur entrant. L'entrant la vérifie contre la clé publique du plan. Sans mandat vérifié, rien ne commence.
Étape 1 — préparer le terrain (chez le sortant, sans interruption)
Abaisser le TTL des enregistrements publics du tenant. C'est le geste qu'on oublie systématiquement, et il conditionne tout : posé à l'étape 6, la bascule traînera des heures quoi qu'on fasse ; posé maintenant, elle prendra le temps du nouveau TTL.
Vérifier que les sauvegardes du tenant sont saines et récentes — la migration s'appuie
entièrement dessus (serveur_backup / client_backup).
Étape 2 — construire chez l'entrant (sans interruption)
- Choisir un index libre dans la fédération de l'entrant (
make instancesle montre ; la preuve P21 refuse une collision). S'il diffère de l'ancien, tout l'adressage change — IP, VLAN, VMID — et c'est une seule ligne à changer, puismake instancier. - Vérifier que la fabric de l'entrant porte le tenant : plage VLAN disponible, lien de
transit présent, zones du plan couvertes (
make underlay, preuve P23). - Créer et déployer la flotte du tenant chez l'entrant.
- Restaurer depuis un instantané restic tiède — les données auront quelques jours ; c'est voulu, le rattrapage viendra à l'étape 5.
Pendant tout ce temps, le sortant sert normalement. Personne ne voit rien.
Étape 3 — prouver l'entrant, sans le rendre public
Faire passer la batterie de preuves et la recette contre les adresses de l'entrant, pas par le DNS public.
C'est le point délicat de toute la procédure : le tenant tourne alors aux deux endroits,
mais un seul doit servir. Si l'entrant répondait publiquement, le courrier arriverait des deux
côtés et l'identité se dédoublerait. Il faut donc un chemin de vérification qui ne dépende pas
du DNS public — résolution locale, /etc/hosts du poste de vérification, ou vues DNS
séparées. Ce chemin est un prérequis de cette étape : sans lui, pas de vérification, donc
pas de garde, donc pas de gel.
Étape 4 — geler (chez le sortant)
Garde : l'étape 3 est verte.
Le tenant passe en lecture seule. L'interruption commence ici, et seulement ici.
Étape 5 — rattraper le delta
Instantané restic incrémental, restauré chez l'entrant. Court, parce que le gros est déjà passé à l'étape 2.
Étape 6 — basculer
Le DNS public pointe l'adresse publique de l'entrant. Le TTL abaissé à l'étape 1 fait son office. L'interruption se termine à la propagation.
Le sortant reste gelé. Le dégeler maintenant créerait deux copies vivantes du même tenant : un courriel livré chez l'un, un fichier déposé chez l'autre, et plus aucune vérité. Il ne dégèle qu'en cas de retour arrière (§6), jamais « au cas où ».
Étape 7 — confirmer (chez l'entrant)
Le service répond publiquement, les preuves passent, le tenant valide. C'est ce qui autorise l'étape 8, rien d'autre.
Étape 8 — libérer (chez le sortant)
Révoquer, pas transmettre. La voûte voyage avec le dépôt, chiffrée, mais son mot de passe est celui de l'opérateur sortant. Migrer proprement ne consiste pas à le communiquer : c'est re-cléer chez l'entrant — nouveau mot de passe de voûte, rotation des secrets applicatifs, révocation des certificats et des clés SSH émis par le sortant.
C'est l'équivalent du re-verrouillage chez le nouveau registraire. Sans lui, l'ancien hébergeur garde à vie l'accès aux secrets d'un client parti, et aucune procédure ne rattrape ça après coup.
Puis rétention — durée convenue — avant purge.
6. Le retour arrière
La réversibilité n'est pas uniforme : elle change de nature à la bascule. Trois régimes, trois réponses différentes — et il faut les avoir décidées avant, pas à trois heures du matin.
Avant le gel — sans conséquence
Les étapes 2 et 3 échouent chez l'entrant. Le sortant n'a jamais cessé de servir et ignore tout de l'affaire. On corrige ou on jette la construction, on recommence. Aucun utilisateur n'a rien vu.
C'est précisément ce que la règle du §3 achète : tout ce qui peut échouer sans coût échoue avant le gel.
Pendant le gel, avant la bascule — dégeler, et c'est tout
Le rattrapage du delta échoue, ou une vérification de dernière minute déraille. L'entrant ne sert pas encore : rien n'y a été écrit qui compte.
On dégèle le sortant. L'interruption aura duré le temps du gel — quelques minutes. La construction chez l'entrant reste debout pour un nouvel essai.
Après la bascule — ce n'est plus un retour, c'est une migration inverse
Dès que l'entrant sert, les utilisateurs y écrivent : courriels reçus, fichiers déposés, commits poussés. Ces données n'existent nulle part ailleurs. Repointer simplement le DNS vers le sortant les perdrait — et silencieusement, ce qui est pire.
Le retour arrière devient donc une migration dans l'autre sens, avec la même mécanique : geler l'entrant, capturer le delta, le restaurer chez le sortant, repointer le DNS, dégeler le sortant. C'est faisable — c'est le même outillage — mais ça se prépare, ça ne s'improvise pas.
Bonne nouvelle : le sortant est encore gelé (étape 6), donc il n'a pas divergé de son côté. Le delta est à sens unique, et la fusion n'a pas lieu d'être.
Ce qui en découle
Les critères de confirmation se définissent avant l'étape 6, pas pendant l'étape 7. La bascule est le moment où le coût d'un échec change d'ordre de grandeur ; décider ensuite ce qui compte comme « ça marche » revient à se donner raison après coup.
Deux points de non-retour, à ne pas confondre :
| Point | Ce qu'on perd | Ce qu'il reste |
|---|---|---|
| la bascule (étape 6) | le retour gratuit | le retour par migration inverse |
| la purge (fin de rétention) | la copie du sortant | rien — c'est le vrai point de non-retour |
Entre libéré et purgé, revenir reste possible mais coûte un second re-clétage : le sortant
a révoqué ses accès, il faudrait les rétablir.
7. Ce que la migration ne déplace pas
- La fabric : l'underlay appartient à l'hébergeur. Le tenant en change, il n'en emporte pas.
- La frontière : l'entrant a la sienne. Ses règles pour le tenant se régénèrent —
make devis-opnsenseest déjà multi-tenant. - L'index : c'est une coordonnée locale à une fédération, pas une propriété du tenant.
8. Ce qui reste à trancher
- Le format du mandat et l'emplacement de la clé publique du tenant dans son plan.
- Le chemin de vérification hors DNS public (étape 3) — le plus structurant.
- La durée de rétention avant purge, et qui l'atteste.
- Les critères de confirmation de l'étape 7, à fixer par écrit avant la première bascule (§6) — c'est ce qui décide si un retour arrière s'impose.
- L'outillage : un
devis-migrationdériverait l'index retenu, l'adressage résultant et la compatibilité de fabric, et refuserait sur un point bloquant — dans l'idiome du dépôt : dériver un plan, le prouver, laisser l'humain l'appliquer. À écrire après avoir joué la séquence au moins une fois.