> **Pour qui :** l'exploitant, le jour où il réalise que 1 644 octets valent toute > l'installation. À faire une fois, puis à refaire quand une clé change. # Sortir les clés du poste ## Ce qui est en jeu Le **code** de Set-OPS est répliqué **deux fois** : `eregion` et la forge du site. Les **voûtes chiffrées**, elles, n'y sont **pas** — elles sont gitignorées. Chacune vit sur ce poste et sur le runner de son écosystème, qui en reçoit une copie chiffrée par `serveur_ops_tenant`. *(Corrigé le 2026-09-28 : cette page les disait sur les forges.)* **Elles sortent donc aussi, dans une archive à part** (`make voutes-exporter VERS=`, `scripts/exporter_voutes.py`) : déjà chiffrées par `ansible-vault`, elles n'ont pas besoin d'une seconde couche ; le script refuse tout fichier dont l'en-tête n'est pas `$ANSIBLE_VAULT`, garde le chemin de chaque voûte (elles s'appellent presque toutes `vault.yml`) et relit l'archive empreinte par empreinte. Restauration : `tar -xf setops-voutes-*.tar -C `. **À refaire après toute écriture dans une voûte**, comme les clés après toute voûte nouvelle. > **Ce chiffre était trois, et il a baissé sans que rien ne le signale.** Un coffre répliqué deux fois reste > solide — mais c'est la **redondance du génome** qui a diminué, pas le chiffrement, et > c'est exactement ce que la page *Filiation, signatures & témoins* appelle la vraie mesure > de résistance d'une lignée : combien de copies **vivantes**, sur combien de machines > distinctes. Les **clés** qui l'ouvrent vivent dans neuf fichiers de ce poste — 1 644 octets — sans aucune copie ailleurs. S'y ajoutent les clés SSH par lesquelles on entre sur les hyperviseurs, la frontière et chaque machine. Ce qu'on perd avec le poste, par ordre de gravité : | Ce qui disparaît | Conséquence | |---|---| | Le poste seul | Les mots de passe restic restent lisibles sur les machines vivantes (`/etc/setops/restic.pass`) — récupérable, mais douloureux, et plus aucun déploiement possible entre-temps | | Le poste **et** une machine | L'état de cette machine devient illisible | | Le poste **et** le site | Terminal | ## La manœuvre ```bash make cles-recenser # voir ce qui sortirait, sans rien écrire make cles-exporter VERS=/media/…/CLE # sortir, chiffrer, RELIRE ``` **Lance-la toi-même**, dans ton terminal. `gpg` demande une phrase de passe : elle ne doit passer ni par un journal, ni par le contexte d'un assistant. C'est la seule façon de s'en assurer. L'outil refuse trois choses, et chacune a été éprouvée en la faisant échouer : - une destination **dans** l'infrastructure — ces clés ouvrent les sauvegardes ; les y ranger ferait un coffre dont la clé est à l'intérieur ; - **écraser** une archive existante — elle est peut-être la seule ; - une archive qu'il **n'arrive pas à rouvrir** — elle est alors supprimée. Une sauvegarde de clés qu'on ne sait pas ouvrir est pire que rien : elle donne le sentiment d'être protégé. Il ne montre jamais le contenu des clés — seulement leur nom, leur taille et leur empreinte. De quoi vérifier sans divulguer. ## Les deux gestes qui restent, et qui ne sont pas facultatifs **1. La phrase de passe va ailleurs que le support.** Séparés, ils ne valent rien l'un sans l'autre ; ensemble, ils valent l'installation. Un papier dans un autre lieu, ou un gestionnaire de mots de passe qui n'est pas sur ce poste. **2. Une seconde copie, dans un autre lieu physique.** Un support unique dans un tiroir unique, c'est le problème qu'on vient de fermer, déplacé de quelques mètres. ## Les rouvrir — la moitié qui compte Le jour où l'on s'en sert, **le poste est mort**. Le dépôt Set-OPS est répliqué trois fois, mais le *cloner* demande la clé SSH… qui est dans l'archive qu'on essaie d'ouvrir. Une procédure rangée dans le dépôt serait donc inaccessible exactement quand elle sert. La clé se suffit donc à elle-même. À côté de l'archive : ``` setops-cles-.tar.gpg les clés, chiffrées restaurer_cles.py le script, autonome LISEZ-MOI-RESTAURATION.txt le mode d'emploi, et les commandes manuelles ``` > **Une clé faite avant cette version ne porte pas les compagnons.** > `make cles-compagnons VERS=/media/…/CLE` les y dépose **sans refaire l'archive** : ni > phrase de passe redemandée, ni risque d'écraser ce qui est déjà vérifié. Sur la machine neuve, il ne faut que `gpg`, `python3` et la phrase de passe : ```bash python3 restaurer_cles.py setops-cles-*.tar.gpg --lister # voir sans rien écrire python3 restaurer_cles.py setops-cles-*.tar.gpg # remettre en place ``` Le script remet chaque fichier à sa place selon son nom, et **repose les droits à 0600**. Ce n'est pas cosmétique : `ssh` refuse une clé privée que d'autres peuvent lire, et son message ne dit pas qu'il s'agit d'un droit — une archive extraite depuis un support FAT arrive systématiquement dans cet état. Il **refuse** aussi d'écraser une clé déjà là : lancé par erreur sur un poste qui fonctionne, il ne détruit rien. Si même ce script refuse de tourner, le LISEZ-MOI porte les commandes manuelles — `gpg`, `tar`, `chmod`. **Les deux chemins ont été éprouvés** le 2026-09-05 : export, poste vidé, restauration depuis la clé seule, empreintes comparées — identiques, 4 sur 4, droits 700/600. ## L'éprouver pendant qu'on a encore le choix ```bash make cles-restaurer ARCHIVE=/media/…/setops-cles-*.tar.gpg ``` Il refusera, puisque les clés sont déjà en place — et ce refus est en soi la preuve que l'archive s'ouvre et que la phrase de passe est la bonne. C'est le test le moins cher qui existe, et il vaut d'être refait après chaque changement de clé. ## Quand recommencer Quand une voûte est créée ou sa clé changée (`voutes.py`), quand une paire SSH de runner est refaite, et à l'arrivée d'un écosystème. `make cles-recenser` dit en une seconde si l'archive rangée est encore complète : compare le nombre de fichiers et les empreintes. ## Ce que ça ne couvre pas La **phrase de passe** elle-même : si elle est perdue, l'archive est du bruit. C'est le prix du chiffrement, et c'est pour ça que le geste 1 n'est pas décoratif.